D’une fêlure

January 22nd, 2010 No Comments »

Comme près d’un an auparavant, l’invisible devient visible, au moment le plus inopportun. Une brassée de douceur, une petite musique, et vlan, dans la gueule. L’ombre n’est pas assez sombre pour s’y cacher, alors s’enfouir, s’enfuir. Comment expliquer, déphasée, décontextualisé, moults causes pour un symptôme, ne t’inquiète pas. La vie a pourtant fait une révolution, mais, de colmatages en calfeutrages, les brèches s’ébrèchent, quand va-t’il rompre ? tu ne vas pas pouvoir détourner le regard encore longtemps, tu ne vas pas pouvoir retarder ce crash indéfiniment.

Keep breathing.

[20100119]

seize zéro un

January 19th, 2010 No Comments »

La retrouver, enfin, ma grande, bras dessus, bras dessous, peu importe la pluie, we’re smiling in the rain.
Elle semble fatiguée, mais heureuse, comme un sourire qui ne la quitte plus, comblée, bien que difficile à gérer, tout, trop. un tête à tête au fond de la brasserie, intermède musicale, ces petites notes qui dénotent, mélancolie d’Amélie, sa main sur la mienne, sa main sur ma joue, ne t’inquiète pas ça va passer, parle moi encore.
Quelques rues plus loin, retrouver le groupe, ambiance bizarre, éviter les regards, ses bras autour de moi, ne t’inquiète pas ça va aller, serre moi fort.
Lâchée dans la fosse, faire comme si, tenir son rôle de sixième membre, raconter les anecdotes, mine de rien déjà une année et 25 concerts à rire et applaudir.
Distinguer son parfum parmi les effluves, faire comme si, tenir son rôle de photo-vidéo-graphe, et sourire quand il me sourit, enfin je crois.
Étonnamment sociable, entre deux kirs, une pluie de compliments, pour eux, pour moi, ne m’en parlez pas, je stresse bien assez comme ça.
Je voudrais vous accompagner, vraiment, participer, mais je crois, en fait, qu’on s’est bien éloignés, ma faute, et ta faute aussi.
Oui, tu as noté, tu as reconnu, mêmes gens, autre atmosphère, tournons la page, et ne me ramène plus à ce temps révolu.

Zéro six zéro un

January 8th, 2010 No Comments »

Dans le vent, la nuit et le froid, cinq pingouins attendent en rond. Oui, il fait froid, très très, ça pourrait être pire (ah bon ?), pourquoi, cette illusion, ce fossé ?

Avec chacun, des discussions sans fin à refaire le monde et la vie, à s’ouvrir l’esprit et s’enrichir de nos chaleurs respectives ou juste partager un bout de temps qui s’écoule en sens unique.
Tous ensemble dans la même pièce, ils ne sont plus que des gens normaux parlant de choses banales, les enfants, la météo, les transports, le boulot, halala. Merde(s).

Regard circulaire sur la salle : des prunelles pétillantes, un décolleté plongeant, des talons rouges et hauts, un profil anguleux sous le spot. S’occuper les yeux pour s’occuper la tête, puis, de temps en temps, jeter un oeil à mes comparses, sourire, hocher la tête. Une heure de retard, je pourrais être ailleurs, plus à l’Est. Ne pas penser, ne pas flipper, ne pas pleurer, surtout pas, tu pourrais ne pas pouvoir t’arrêter.

Enfin c’est leur tour, leur énergie, leurs sourires, premier rang, caméra au poing, ouf, t’es pas venue pour rien, non d’un chien, c’est lourd 3 minutes 47 secondes environ fois quatre à bout de bras.

Ailleurs, donc, et leurs sourires étincelants et leurs regards gourmands, ils te manquent presque, cette petite tribu qui ne te demande rien et en plus te trouve magnifique. Mais tu ne les rejoindra pas, pas ce soir, trop tard, fatiguée, épuisée, sommeil trop rare, l’insomnie te fait encore du pied.

Lhasa

January 4th, 2010 No Comments »

C’était une pochette d’album colorée, et un chant profond, qui accompagnaient un apéro entre amis, nonchalance au balcon, un soir d’été 2001, au find fond de St Ouen.

Puis ce fut une atmosphère étrange, et une voix grave et enjouée juste derrière lui et moi, en attendant Stuart au Café, par une nuit frigorifiante de novembre 2006.

C’est surtout ce duo magnifique, égrenant les rimes d’un au-revoir :

December 31st, 2009 No Comments »

Si difficile à expliquer, si difficile à comprendre. [...] Revenir à l’essentiel, à ce qui me fait vibrer, ne retenir que ce qui compte vraiment. Mes rencontres nocturnes, éphémères, mes rencontres tout court. Etre là, simplement, défait de tout.
[...]
Et maintenant dans cette prison, cette prison dont je suis le seul à posséder les clés. Ce passé rassurant et douloureux est là, toujours, aussi éphémère que mes nuits. Si loin cette nuque, ce paradis entre l’oreille et l’épaule. Je ne demande rien d’autre que de dormir une dernière fois là où la vie était si tendre, si douce. Une dernière fois le rêve avant de m’évanouir dans ce réel si froid. [...] Je n’ai jamais autant rencontré de gens. Je ne suis jamais autant sorti, je n’ai jamais autant fais la fête, je n’ai jamais autant bu, je n’ai jamais autant rigolé, autant pleuré, autant photographié, autant écrit, je n’ai jamais été si entouré, je n’ai jamais été si seul qu’au cours de cette année.

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Même perdu, incapable de trouver ma route, doutant de mes choix, blessé par ces souvenirs si beaux et douloureux, je continue, je reste debout, je crois en ceux qui m’entourent, je crois en ces cicatrices qui me donnent la force de toucher au vrai. Le doute me nourrit et m’améliore.

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