Non, cette fois, je ne rêve pas (et ce n’est pas mon cerveau qui me joue un vilain tour), j’entends bien une chanson triste, une reprise au violon jazz qui plus est, au beau milieu de cette librairie du Marais. Inhale, exhale.
Trois minutes plus tard.
Ta main sur ma manche, comme en territoire conquis, mais c’est toi qui a déserté ne l’oublie pas, il y aura toujours deux verres et une table entre nous désormais.
Retourner dans ce café, qui fut le départ d’une soirée épique et chamboulante, et le point de chute de plusieurs autres. déjà quatre couches de souvenirs en un peu plus d’un an. Spinning wheel.
Face à face mais pas les yeux dans les yeux, sans témoins pour une fois, son regard dévisageur et ses mots rares mais toujours choisis, “tu n’as pas changé”, toi non plus apparemment, éviter tout contact avec ce fantôme volontaire.
Pourquoi est-on là ? Pour se rassurer sur le temps qui passe trop vite ? se remémorer the good old times ? tu vois bien qu’on n’a plus rien à se dire, déjà qu’on n’avait pas grand chose en commun, hormis ce gouffre affamé qu’on remplissait de n’importe quoi n’importe comment.
“On se revoit dans un an ?” Ou pas.