Parfois, je me dis que j’ai un peu raté ma vie. Que j’ai fait ce qu’il fallait pas au moment où il fallait surtout pas, que j’ai pris la fuite quand il fallait foncer, que j’ai dit non quand il fallait dire oui et vice versa, que je n’ai pas couru comme j’aurai dû dans ce putain de couloir de métro suffisamment long pour que le rattraper et lui dire ne me quitte pas, que j’ai pas réussi à articuler trois mots alors qu’il n’attendait que de les entendre, que j’ai trouvé le moyen de m’embarquer pour du camping alors que je déteste ça pour louper un événement dont la ville ne se remet pas, que je n’ai pas contacté les bonnes personnes avant d’arriver et que j’ai pris une baffe à l’égo comme je m’y attendais mais en pire.
Parfois, je me dis qu’il suffit juste de patienter. Que ce n’est pas pour rien que les choses se déroulent ainsi, que c’était de toute façon trop tôt ou trop tard pour cette histoire, que ça t’a donné matière à écrire (un peu) et photographier (beaucoup), que tu as évité de te manger encore plus de murs encore plus crades, que tu aurais fini en cage au lieu d’avoir un super reportage, que tu y as gagné un ami entre les moustiques, que tu as gagné l’ami de l’ami que t’as pas gagné, que tu y as trouvé un nouvel horizon pour démarrer une nouvelle histoire.
Ouais. La vie, c’est comme une boite de chocolat/juste une question de point de vue/un test géant de patience générale.
