Penser à y aller, tout court.

Un dernier tour, un dernier verre, un dernier regard. Une dernière chance ?

faire la liste, mentalement, des personnes, des lieux, des connections, des possibilités, de l’extinction des feux à l’extinction des neurones.

l’herbe n’est pas plus verte ailleurs, tu le sais déjà, “la vie que tu as ratée demeure ratée n’importe où sur la planète”, pourtant il y arrive, et lui aussi, un peu (beaucoup) obsédée, qui ne tente rien n’a rien, deux ans à remplir, ou pour re-vivre, combien d’ultimatums t’es tu déjà posé, et combien de fois t’es tu laissée gagnée par ta lâcheté ?

Repenser à cette proposition, tu as compris qu’il faut me prendre par la main, et toi tu fais quoi au mois de juin ? J’aimerais que ce soit juste elle et moi, comme des inséparables, 30 jours et 30 nuits. Sur les routes, les rails, les rues, tour à tour muse et pygmalion, jalouse et possessive, ensemble c’est tout.

Peur de partir, perdre les repères, les habitudes, sans domicile, sans refuge, qu’est-ce qu’on devient sans rien ? « The past is so heavy, But it’s something that I can’t leave », mais ça ne peut plus continuer, tourner, en rond, cercle dégueu.

un virage. prendre un grand virage. parce que la révolution a déjà eu lieu et qu’il ne peut y en avoir qu’une.
la mappemonde est esquissé, points, trajectoires, boucles.
sans attaches, puisqu’il n’y a rien à retenir. tenter une autre approche, s’imposer, un peu, se poser, pas longtemps, respirer, longuement.

fantômes distants ou êtres vivants, “cesse donc de t’accrocher démesurément aux choses et aux gens”, je sais, je sais pas faire, lâcher-prise, lâcher prise, et ne regarde pas en arrière.
car finalement, en 10 années de vie parisienne, âme errante, je n’ ai toujours pas trouvé ma place, l’émerveillement a fait place à l’indifférence, horreur, je vieillis. Je n’avais qu’un seul vrai rêve, et je l’ai réalisé, petit pas après petit pas. il est temps de faire le grand saut.

j’ai cru à un nouveau souffle, ces gars, cette fille, les anciens, les parrains, planning débordé pour cet énorme vide, insatiable ou jamais content, mais non, ça ne change rien, ça ne me change en rien, bien que, ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre.

“Emmène-moi.”

images and edit by Vincent Moon – sounds by Gaspar Claus – produced by Pocket Films Festival – shot in Paris, october 2005

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