[La réponse est oui. Absolument oui].
Le bar est vide, entrons, ce sera séance presque privée, finalement meilleure qu’une salle comble, faisons nous plaisir.
Le Nikon, paré de sa Tri-x, ne fera pas de merveilles, juste des sensations, TCHAC vrrrrrrt clic, le résultat sera visible dans une semaine, patience, patience.
Le bar se remplit, continuons plus loin – mais pas trop loin, cause chaussures neuves -, continuons les bulles.
Ce quartier, arpenté de jour, change de visage la nuit venue, néons rouges, sourires bobos, il fait beau. Non, on ne peut pas être blasé de Paris, quand on y vit, si, à la neuvième année, on y découvre encore chaque semaine (et à coté de chez soi) : une nouvelle rue, une nouvelle place, une nouvelle personne, une nouvelle cuisine.
On y re-découvre aussi qu’une vue sur les lofts des voisins vaut tout autant qu’un deux-pièces-baignoire, surtout la nuit.
“Pourquoi préfères-tu photographier les filles ?
- Parce qu’elles ont plus de… (dessine des vagues du bout du doigt)
- … formes ?
- Voilà !”
Surtout quand elles ont un corps bon comme du bon pain.
Mains glacées, coeur bouillant, respire, oublie, mains tièdes, coeur tremblant, oublie, respire.
Attends, réfléchis, non, en fait, pas d’autres mots, c’est très étrange, si soudain, si rapide, si… unexpected.
[Trouver une main dans la sienne au sortir d'un cauchemar, ça vaut tout l'or du monde.]
[20090426]

