Archive for March, 2009

Monday, March 16th, 2009

Rêver d’un frigo qui ne se vide jamais au lieu d’aller faire ses courses, ou rêver de charmantes colocataires au lieu d’un grand vide poussiéreux, ça n’est pas donné à tout le monde.

Dormir. Encore. Un peu.

Une heure plus tard, dans le métro, sortir son Cosmo, même pas peur.

Au bout de trois heures, le cerveau déconnecte, overloadé d’attention au danger.
La logique du raisonnement voudrait que j’arrête de travailler tant il s’avère désormais que je mets ma vie dans l’illégalité/en jeu à chaque sortie. Sauf que c’est vachement plus marrant de se balader sans harnais à 50 mètres de haut que de rester le cul vissé au siège à attendre que l’écran d’ordinateur annonce une bonne nouvelle.

Au fond de la salle près du radiateur, fermer les paupières, juste une micro-seconde…

Douze heures plus tôt, un tartare et un moelleux discourent de l’ergonomie comparée Canon / Nikon. Mise en abime, photographer photographing photographer.

Ambiance tamisée pour pousser à la consommation, vas-y fais comme chez toi fais moi du pied.
Plus tard, sur le trottoir, clope, briquet, inhale, exhale, tiens, c’est à c’t'heure que vous arrivez ? et toi, à c’t'heure que tu pars ? Fatigue, sommeil, tout ça, tout ça.

“Petit incident deviendra grand”, non la blogosphère n’a pas changé en cinq ans, Santa Barbara nous y revoilà, tu sais bien qu’elle n’est qu’un reflet de la réalité exacerbée exaspérée.

Il fait froid, j’te raccompagne ? voilà le bus, tu veux que je te réchauffe ? non merci, deux bises et rentre bien.
Ne pas se retourner, surtout pas.

Deux soirs de suite, laisser passer sa chance, not so usual to me, là non vraiment, pas la tête à ça, mains trop chaudes et coeur trop froid.
Tu auras l’occasion de te rattraper, n’est-ce pas ?

85 mm

[20090305]

Sunday, March 15th, 2009

Cumuler les heures supp’ de non-sommeil, just for fun, on ne vit qu’une fois, je dormirais quand je serais vieille.

Ne pas prendre le temps de décharger les clichés de la carte mémoire, ni même de les regarder, ne pas prendre la peine de viser, tu n’aimes pas ta tronche ? tant pis ! Je te ferais beau rien que pour mes yeux parce que nous le valons bien.

Je vais finir par croire que la fatigue peut rendre saoul(e) vu le nombre de conneries que je dis et les bêtises que l’on pourrait faire. Mais non, tout va bien ne t’en fais pas, il reste toujours un sursaut de fierté/d’humanité pour ne pas se jeter comme des bêtes sur ces corps perdus à un carrefour de nuit ou une correspondance de métro.

Le stylo trace les mots sur le papier comme un électroencéphalogramme dessine l’activité cérébrale d’un dormeur possédé.
La ligne chavire, les lettres s’aplatissent, et ça finit par devenir incompréhensible, illisible, absurde, aberrant, bref, du grand n’importe quoi ™.

Mais tu aimes bien ça, non ?


métro romain, 5 mars 2006

[20090304]

Saturday, March 14th, 2009

Se jeter dans le travail, même bénévole, mais oublier son cerveau au pays de Morphée, dont les tendres bras sont terriblement addictifs.
Croiser son idole cinématographique dans le hall de l’immeuble en allant promener le chien, monter chez soi, trouver un appart évidé.
“Mais où sont toutes mes affaires ?
- Il fallait payer le loyer !”
Non mais je rêve.

Dans le lointain, une alarme s’est enclenchée et se rapproche. Sirène, hurle moins fort ! Et puis il ne fait pas encore jour.
Se lever, se doucher, se recoucher, se relever.

Mettre un pied devant l’autre, lancer la routine, avancer les yeux fermés pour glaner quelques secondes.
Le manque de stress et/ou de motivation ne donne pas la claque nécessaire à déclencher le shoot d’adrénaline qui lancera la mécanique.

S’engouffrer dans le froid, la pluie, le vent, le métro, patauger entre deux eaux.
Mais qu’est-ce que je fous là ?
S’engouffrer…

Regarder le ciel. Marcher.
Dans l’attente impatiente du Mâle Illustrateur, tourner en round. J’aime pas attendre.
Ne pas penser, surtout pas. Les nuages filent un mauvais coton. “Il va y avoir une tempête”.

Enfin, après la pizza Marianne épanchée, la peau ambré, la barbe fine, la nuque chaude.
Clic-clac, lumière aveuglante, oui vas-y, comme ça c’est bien, ne bouge plus, pose ça, viens contre moi.

Fuir ou combattre ? Ailleurs ou maintenant ? “Tout est question d’équilibre”.

Sa bienheureuse chevelure entre mes mains gourmandes, le velours de sa peau livrée à la fleur de mes doigts.
Maitresse, donne encore de tes caresses.

Mains chaudes, coeur froid, tu ferais mieux de partir.

[20090303]

Låt den rätte komma in

Saturday, March 7th, 2009

“Ne regarde pas.”
Il se cache les yeux, tandis qu’elle laisse tomber sa robe sur ses chevilles.
Elle se faufile sous la couverture, se place derrière lui.

“Mais… tu es toute nue ??!
- Oui.
- Et… tu es glacée !
- Ca te dégoute ?
- euh… non.”

Sa main à elle se pose sur son épaule à lui.
Elle fait glisser son index le long du bras, tout doucement, jusqu’à atteindre sa main, et entrecroiser leurs doigts.

Frisson.

Morse n’est pas un film pour enfants, bien que les enfants y soient époustouflants.


dernier branchement

Boulogne-Billancourt, 28 mai 2006.

Friday, March 6th, 2009

Se lancer dans le grand bain, sans perche, sans faire valoir.
Entrer, oui, non, peut-être.

“Mademoiselle, vous avez perdu quelque chose.
- ah ?
- oui, vous avez perdu votre sourire.
- non, ne vous inquiétez pas, je vais le retrouver !”

Hésiter. Téléphoner.
Dans une heure ? hmmm, changement de plan, sortie de secours.

Trois stations plus loin, la bande casse une graine au grand air.
Présentations, félicitations, non ne rougis pas, et si on faisait quelque chose ensemble ? ah mais oui mais oui !

“Et sinon, tu fais quoi dans la vie ?
- de la photo, aussi.”

Entrer, merci pour la 16′, s’installer, choisir le meilleur angle, préparer les réglages, écouter, observer.
“Sautillements et platitudes”, clic-clac, tempo, tant pis, lalalalaaaaa, “chanter pour t’oublier”.

De l’Imprévu à l’International, il y a suffisamment de stations pour re-stresser.
Autre lieu, autre ambiance. Mais où est-il donc ?

“Ah tu es là, je t’ai cherchée partout !
- normal, je viens d’arriver.
- tu vois ce gars sur scène ? c’est mon poulain et je l’a-do-re !
- ça ne m’étonnes pas, il te ressemble (en cent fois pire) !”

Groupies en folies, flot de mots, sombre et moite. Trois petits clichés et puis s’en vont.

Il est trop tôt, retour à Belleville, pour l’aftershow.
La bière et la clope ça réchauffe, c’est bien connu.
Un mot manuscrit qui circule “je n’ose pas faire le premier pas…”, c’est pas gentil de se moquer.

“heu, c’est toi la photographe ?
- oui mademoiselle.
- j’aurais besoin de tes conseils…
- (tout ce que tu veux pour tes beaux yeux)

Sentir quand c’est le moment, oui là maintenant, bye bye.
Ou pas. Et décrocher la lune, ou presque.
Donner encore son numéro, ne pas mélanger business et plaisir, oui, non, on verra.

Ne souris pas trop, on pourrait croire que tu/tout vas bien.

“i’m orange, today…”

[20090227]