Cinq jours pour agir
“Quelle importance a pour vous la technique ?
- Sans appareil de photo, pas de photos. Encore faut-il savoir s’en servir, mais la technique, trop souvent, va à l’encontre de la spontanéité.”
Bruno Barbey à Jeanloup Sieff, 1977.
Il a suffit d’une semaine de formation pour que je daigne désormais m’attarder sur les pages de tests matériels de mon magazine photo préféré.
Pourtant, cela ne m’enchante guère.
C’est déjà assez compliqué (pour moi) de faire une photo avec les bons réglages dans le boitier et l’objectif. Maintenant, il faut s’assurer que le contraste soit bon (ni -trop- cramé, ni -trop- palichon) que les couleurs soient correctes (mauve n’est pas violet) et que la netteté soit parfaite (merci de bien vouloir couper le vent, svp).
C’est absolument contre-intuitif, anti-spontanéité. Or, on ne me paie pas pour faire de l’art, alors on va faire un effort.
Mais ne me demandez pas à quoi sert un thermocolorimètre, je viens seulement de saisir qu’il m’en faut un (ainsi qu’une sonde, une cellule, un diffuseur, un réflecteur, un ..).
Le comble dans l’histoire, c’est que personne ne m’a rien demandé (et probablement personne ne verra la différence), j’ai simplement l’oeil plus exercé ; les défauts de mes prises de vue me saute au visage comme un rouleau de papier de toilette au milieu d’une rétrospective de Martin Parr. Et je n’ose pas encore penser à tout le chemin qu’il me reste à parcourir…
“Pourquoi faites vous de la photographie ?
- Parce que j’aime la magie. IMAGE = MAGIE.”
Edouard Boubat à Jeanloup Sieff, 1977.
La compensation, c’est que j’ai parfois l’occasion de dominer le monde.

No comments
Jump to comment form | comments rss [?]